
Ça fait plus de cinq mois que je suis sur la route – mon sac à dos devient de plus en plus léger depuis que je me suis débarassée de tout le superflu que je croyais indispensable (... et que je porte toujours les mêmes t-shirts). Même lorsque le réveil sonne à 5 h du matin parce que je dois prendre un train/bus/avion, je me réveille avec enthousiasme. Chaque jour est fait de découvertes et d’imprévus. Le voyage est devenu ma vie et je suis heureuse comme un poisson dans l’eau.
Mon amie Martine est venue me rejoindre pour une petite quinzaine qui a passé en un clin d’oeil. Elle est arrivée en coup de vent un 7 avril à 6 h du matin et est repartie le 21 à... 4 h 30. Durant 15 jours elle s’est amusée à perdre les clés du cadenas de son sac à dos ce qui nous a occasionné des heures de plaisir... C’est toujours un plaisir de voyager avec elle, car les fous rire ne manquent pas.
Les grandes villes vestiges de la Route de la Soie m’avaient beaucoup déçues. Même avec mon imagination fertile, il m’était difficile de recréer l’ambiance des caravanes et des marchés. Tout était trop clean, trop stérile. Tout est arrangé en fonction des touristes et la vraie vie a été reléguée à l’arrière-plan. Mais heureusement,
Martine et moi avons fait une excursion dans le désert, où l’on retrouve des anciennes forteresses abandonnées. Et du haut des tours en ruines il est facile d’imaginer voir arriver les caravanes ou les armées de Genghis Khan.
Nous avons poussé notre périple jusqu’à la mer d’Aral, ou enfin : ce qu’il en reste !! Le désastre de la mer d’Aral est la plus grande catastrophe écologique réalisée par la bêtise humaine.
Effectivement, à cause d’une irrigation forcenée, la mer s’est asséchée et a rétréci. Ses rives se trouvent maintenant à... 150 km de cet ancien port de mer.
Après le départ de Martine, j’ai pris la route vers la vallée de la Fergana, loin des circuits des autocars de touristes. Et c’est ici que je suis tombée amoureuse de l’Uzbekistan. Fergana est une petite ville agréable, pleine de vie, de petits cafés, de verdure et... de gens à l’hospitalité légendaire. Ici, il n’y a pas de tarif spécial pour les touristes et je n’ai pas besoin de marchander (et de me battre) chaque fois que je demande l’addition. Au contraire, c’est presque gênant de se faire inviter tout le temps. J’ai été adoptée par deux jeunes filles, qui m’ont emmenée voir a un spectacle pop...en Uzbek !! Et demain, je vais diner dans la famille d’un de leurs amis. Elles voulaient même que je reste loger chez elles, mais j’ai parfois besoin d’un peu de solitude, alors j’ai inventé une excuse.
J’avais choisi de venir en Uzbekistan pour son passé et cette Route de la Soie qui enflamme les imaginations et j’ai découvert un pays moderne qui me charme au plus haut point. On y trouve un visage traditionnel dans un monde en pleine évolution, une simplicité et une gentillesse qui font chaud au coeur.
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